Mieux vieillir : un enjeu majeur pour la France de demain

Mieux vieillir : un enjeu majeur pour la France de demain


La France vieillit. L’allongement de la durée de vie combinée à l’arrivée à l’âge de la retraite des « baby boomers » va augmenter considérablement le poids des seniors dans notre société. Cette mutation, qui devrait se prolonger jusqu’en 2050, ne sera pas sans conséquences sur l’équilibre de notre pays, de son modèle social et de son économie. Le mieux vieillir est donc un facteur déterminant de notre société future, un enjeu capital que les élus, quelle que soit leur sensibilité, ne peuvent plus négliger.

En 1962, déjà, le rapport Laroque posait les bonnes questions : « “Quelle place peut et doit être faite aux personnes âgées dans la société française d’aujourd’hui et, plus encore dans celle de demain ?”. En effet, au fur et à mesure que les plus de 60 ans représentent une part de plus en plus importante de la population française, il faut mesurer les enjeux de cette mutation afin de préparer au mieux notre société à absorber cette évolution inéluctable. Le paiement des retraites, l’équilibre des comptes de la sécurité sociale ou le pouvoir d’achat du pays seront affectés par ce vieillissement de la population. Il faut en tenir compte. Et parmi les facteurs permettant d’assimiler au mieux cette marche en avant vers une France couleur vermeil, il en est un à ne pas sous-estimer : c’est le mieux vieillir.

Mieux vieillir permet, si cela est nécessaire, de reculer l’âge de départ à la retraite, de restreindre les dépenses de santé ou de décaler l’âge de la dépendance. Mais mieux vieillir c’est aussi, surtout diront certains, permettre aux seniors de conserver leur place dans la société en limitant la fracture entres les anciennes et les nouvelles générations, à une époque où la société, ses codes et ses technologies évoluent extrêmement rapidement. Mieux vieillir, c’est tout simplement un élément essentiel du « bien vivre ensemble ». Un atout pour l’avenir de notre pays, de ses régions, de ses communes.

Mais qu’est-ce que le « mieux vieillir » ? Et comment « mieux vieillir » ? Mieux vieillir c’est évidemment vieillir en bonne santé. Mais c’est également vieillir en refusant l’isolement et le déclin. Pour cela, le Plan National « Bien Vieillir » rédigé en 2007 par le gouvernement Fillon, proposait une liste de recommandations :

  • Entretenir, voire améliorer son capital intellectuel, physique, social et psychique;
  • prévenir les maladies en adoptant un mode de vie adaptée ;
  • prendre en charge précocement les maladies susceptibles d’entraîner une incapacité ;
  • avoir une activité physique ou sportive régulière ;
  • adapter son alimentation ;
  • adapter son environnement physique et social ;
  • conserver une vie sociale riche et les liens intergénérationnels ;
  • lutter contre l’isolement ;
  • valoriser les notions de projet de vie, d’estime de soi, d’adaptation au changement.

En résumé, mieux vieillir c’est prendre soin de sa santé, c’est avoir une vie sociale active et c’est adapter son mode de vie à son âge. Facile à dire, mais pas toujours facile à faire.

Bien évidemment c’est le senior qui possède les clés de son « mieux vieillir ». Mais les institutions doivent l’inciter à faire les efforts nécessaires à un vieillissement heureux. Les élus, qu’ils soient ministres, maires ou conseillers régionaux doivent favoriser la mise en place de ces recommandations auprès de leur population senior. Par la mise en place d’infrastructures adaptées, par la prévention, par l’incitation, par la pédagogie, par un soutien appuyé au tissu associatif… Ce sont des enjeux majeurs que la crise économique actuelle ne doit pas nous faire oublier.