L’assurance dépendance ne doit pas occulter la prévention

L’assurance dépendance ne doit pas occulter la prévention


Les gouvernements successifs peinent à mettre en place une réforme de la dépendance qui permettrait, notamment, de soutenir financièrement les personnes âgées qui ne peuvent plus vivre sans une aide au quotidien. En attendant, les assurances dépendance fleurissent sur le marché. Leur objectif : financer les dépenses inhérentes à une perte de l’autonomie. Mais ces assurances ne risquent-elles pas d’occulter le meilleur moyen de lutter contre la dépendance : la prévention ?

Depuis quelques temps, les sociétés d’assurance, les mutuelles santé et les institutions de prévoyance proposent des assurances dépendance à leurs clients. Ces contrats, qui peuvent être individuels ou collectifs, sont généralement des contrats prévoyance ou des contrats d’assurance vie qui permettent à l’assuré de recevoir une indemnité financière, sous forme de rente mensuelle ou de capital, en cas de dépendance. Ces contrats, qu’il faut généralement souscrire avant 75 ans, peuvent couvrir une dépendance totale (impossibilité de s’alimenter, de se laver, de se déplacer ou de s’habiller sans aide extérieure par exemple) ou une dépendance partielle (besoin d’aide pour se lever, se coucher ou s’asseoir par exemple). Leurs prestations peuvent se cumuler avec l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA).

Mais qu’est-ce que la dépendance selon ces assureurs ? Elle n’est pas le handicap. La Dépendance se caractérise par une restriction des activités de la vie quotidienne ou sociale : troubles du comportement, atteintes physiques… Ces restrictions doivent être liées au grand âge.

Est-il alors vraiment utile de souscrire à une telle assurance ? Il est sûr que quand nos revenus, notre patrimoine ou notre capital ne permettent pas de faire face aux dépenses liées à la dépendance, ces contrats s’avèrent utiles voire indispensables. Il faut savoir que le coût de la dépendance s’élève en moyenne à 1800€ par mois à domicile et 2400€ par mois en établissement spécialisé. Ce n’est pas à la portée de toutes les bourses. Surtout que ces contrats permettent de disposer librement de l’argent ainsi versé : maison de retraite, aide à domicile, aménagement du domicile…

Mais apposer sa signature sur un bout de papier ne suffit pas à lutter contre la dépendance. Il faut donc avant tout la prévenir. Pratiquer une activité physique, lutter contre la solitude ou adapter son habitat à ses capacités physiques permettent notamment de faire reculer la perte d’autonomie. Et les assureurs ne s’y trompent pas. Ils proposent des informations et des actions de prévention pour aider leurs assurés à repousser l’âge de la dépendance et pour ainsi verser le plus tard possible la rente prévue au contrat.

En résumé, il peut être utile de souscrire à ces assurances en veillant à ce que les conditions pour toucher la rente ne soient pas trop nombreuses. Mais ces contrats ne doivent pas détourner les seniors et leurs proches de l’élément principal du mieux vieillir : la prévention. Ils doivent avant tout travailler pour reculer au maximum l’âge de leur dépendance. L’assurance de mieux vieillir est dans la prévention. Il est là, le véritable enjeu de demain.