Désertification médicale : quelles solutions pour les zones rurales ?

Désertification médicale : quelles solutions pour les zones rurales ?


Alors que la France n’a jamais eu autant de médecins, le problème de la désertification médicale ne cesse de s’amplifier. Ce n’est donc pas le nombre de médecins qui pose problème mais leur répartition sur notre territoire. En effet, si les médecins sont (trop) nombreux dans les grandes agglomérations, il devient difficile de trouver un généraliste dans certaines zones rurales ou dans certaines banlieues défavorisées. Ce déséquilibre pose un véritable problème d’accès aux soins et par conséquent de santé publique. Surtout que la tendance ne semble pas être sur le point de s’inverser. Les élus de nos campagnes et de nos banlieues se demandent donc fort justement comment permettre à leurs administrés de se soigner correctement.

Une mauvaise répartition des médecins sur le territoire

340 médecins pour 100 000 habitants ont été recensés en 2010 contre 275 en 1985. Il y a donc de plus en plus de médecin en France. Et pourtant, la désertification médicale gagne inexorablement nos campagnes et nos banlieues. En effet, les généralistes privilégient de plus en plus les villes, que ce soit pour des raisons de qualité de vie ou pour des raisons de niveau de vie. Il est donc de plus en plus difficile de trouver des médecins qui acceptent de s’installer à la campagne.

Quelles solutions contre la désertification médicale ?

Que faire pour lutter contre l’abandon de certaines régions par les médecins ? Des solutions existent. Elles consistent essentiellement à favoriser l’implantation de jeunes médecins par des incitations financières : prime à l’installation, attribution de bourses… Mais si ces mesures peuvent parfois convaincre un jeune, elles ne permettent pas d’enrayer le phénomène dans sa globalité. On peut aussi imaginer des solutions pour faciliter le quotidien des médecins : créer des maisons de santé, favoriser le temps partiel… Cela fonctionne mais cela reste insuffisant et souvent coûteux. Faut-il alors s’orienter vers la répression plutôt que vers l’incitation ? Pour le moment, les contraintes à l’installation ont été repoussées par les gouvernements successifs de même que les pénalités financières quand un médecin s’installe dans une zone trop dense, solution proposée par le CISS (Collectif Interassociatif pour la Santé qui regroupe des associations d’usagers des systèmes de santé). Alors que faire, sachant que de nombreux médecins vont prendre leur retraite dans les années qui viennent ?

Et la téléconsultation ?

En attendant de trouver la mesure idéale, si elle existe, une solution complémentaire semble pouvoir compenser l’absence de médecins dans certaines zones : la télémedecine ou la téléconsultation. Il y a quelques années encore, cela semblait être au mieux de l’anticipation au pire de la science-fiction. Et pourtant cela existe… et cela marche. Le principe de cette démarche, autorisée en France depuis 2010, est simple : une cabine équipée permet d’obtenir une consultation médicale sans se déplacer chez le médecin. Grâce à ses capteurs, elle est capable de réaliser un bilan de santé complet : tension artérielle, rythme cardiaque, taux d’oxygène sanguin, poids et taille, température… Ces données sont transmises au médecin référent qui peut ainsi suivre l’évolution des constantes de son patient et intervenir en cas de besoin. De la télésurveillance médicale en quelque sorte. Il est possible également dans certaines cabines de procéder à des consultations à distance, le médecin étant assisté dans son analyse par les données des capteurs.

Ces cabines de télésanté (élaborées notamment par la société H4D) peuvent être installées dans des lieux publics mais elles prennent tout leur sens quand elles sont installées dans des lieux de vie. Ainsi, certaines résidences seniors installent ces équipements de télésanté dans leurs parties communes, permettant ainsi à leurs locataires de surveiller leur état de santé au quotidien.

Lutter contre la désertification médicale ne sera pas chose facile. Il ne faut pas espérer trouver la recette miracle qui incitera de nombreux médecins à rejoindre ces zones délaissées. Un habile mélange entre incitation et contrôle, renforcée par une utilisation judicieuse des avancées technologiques telles que la cabine de télésanté, semblent pour le moment être les seules solutions pour continuer à garantir à tous nos concitoyens un accès aux soins raisonnable. A suivre.